Le paysage bancaire russe connaĂ®t une transformation spectaculaire. En 2025, la fermeture d’agences a atteint un rythme jamais vu, redessinant la manière dont les clients interagissent avec leur argent. Cette accĂ©lĂ©ration de la transition numĂ©rique, poussĂ©e par une volontĂ© de rĂ©duire les coĂ»ts et par un contexte gĂ©opolitique complexe, soulève de nombreuses questions pour les usagers. DĂ©cryptage d’un mouvement de fond qui modifie durablement l’accès aux services financiers.
Fermeture d’agences : les banques russes accĂ©lèrent leur transformation digitale
L’annĂ©e 2025 a marquĂ© un tournant dĂ©cisif dans la stratĂ©gie des banques russes. Près de 1 700 agences ont baissĂ© le rideau Ă travers le pays, un chiffre 3,6 fois supĂ©rieur Ă celui de 2024. Ce rythme effrĂ©nĂ© est l’un des plus Ă©levĂ©s enregistrĂ©s depuis 2019, portant le nombre total de points de contact physiques Ă environ 22 300 au dĂ©but de 2026, contre près de 30 000 il y a sept ans.
Le gĂ©ant Sberbank est en première ligne de cette restructuration, avec plus de 900 bureaux fermĂ©s en 2025, soit presque le double de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Cette tendance est significative, car cet acteur joue un rĂ´le crucial dans l’accès aux services financiers, notamment dans les rĂ©gions les plus reculĂ©es du pays. Cette vague de fermetures d’agences illustre une volontĂ© claire d’orienter les clients vers des services en ligne plus rentables.
La digitalisation bancaire, un levier de rentabilitĂ© et d’optimisation

Selon la Banque Centrale, la raison principale de cette accĂ©lĂ©ration est Ă©conomique. La digitalisation bancaire permet de rĂ©duire drastiquement les coĂ»ts de structure liĂ©s Ă la gestion d’un rĂ©seau physique. En poussant les clients vers la banque en ligne et les applications mobiles, les institutions financières espèrent amĂ©liorer leur rentabilitĂ©.
Cette transition numĂ©rique s’inscrit dans une tendance mondiale, mais elle est particulièrement marquĂ©e en Russie. L’objectif est de fluidifier les opĂ©rations courantes et de concentrer les ressources humaines sur des tâches Ă plus forte valeur ajoutĂ©e. Cependant, cette stratĂ©gie se heurte Ă des dĂ©fis de taille, notamment dans les zones oĂą la connectivitĂ© internet reste un problème.
Services en ligne : quand la visite en agence reste indispensable
MalgrĂ© cette poussĂ©e vers le tout-numĂ©rique, l’agence bancaire est loin d’avoir dit son dernier mot. Paradoxalement, le contexte actuel a renforcĂ© son importance pour certaines opĂ©rations critiques. Les sanctions internationales ont compliquĂ© l’accès aux services financiers numĂ©riques, obligeant souvent les clients Ă se rendre physiquement en agence pour installer ou rĂ©activer des applications bancaires sur leurs smartphones.
De plus, la lutte contre la fraude est devenue un enjeu majeur qui nĂ©cessite une interaction humaine. Les clients sont de plus en plus souvent invitĂ©s Ă se prĂ©senter en personne pour lever des restrictions sur leur compte, rĂ©soudre des problèmes liĂ©s Ă des transferts suspects ou simplement regagner l’accès Ă leur application mobile après un blocage de sĂ©curitĂ©.
Les opérations qui résistent encore à la banque en ligne
Certaines transactions, par leur nature complexe ou leur importance, exigent encore un passage en agence. L’innovation bancaire progresse, mais le contact direct reste un gage de sĂ©curitĂ© et de confiance pour de nombreux usagers. Voici les principales raisons qui poussent encore les Russes Ă se dĂ©placer :
- La rĂ©ception d’une nouvelle carte bancaire.
- L’obtention de consultations personnalisĂ©es pour des produits complexes comme les prĂŞts immobiliers.
- La collecte de documents officiels sur papier.
- Les retraits d’espèces de montants importants.
- La résolution de problèmes de sécurité et le déblocage de comptes après une activité suspecte.
Quel avenir pour les agences bancaires en Russie ?
Les experts s’accordent Ă dire que le mouvement de fermeture va se poursuivre. Selon les analystes de Freedom Finance Global, le nombre d’agences bancaires en Russie pourrait encore ĂŞtre divisĂ© par deux au cours des cinq prochaines annĂ©es, pour tomber entre 11 000 et 12 000. Cette transformation digitale sera portĂ©e par l’adoption de l’intelligence artificielle et le lancement très attendu du rouble numĂ©rique, prĂ©vu pour l’automne 2026.
Cependant, une disparition complète des agences est peu probable. Les grands réseaux bancaires devraient maintenir une présence physique là où la demande reste forte, en particulier dans les petites villes et les zones rurales, assurant ainsi un modèle hybride qui allie services en ligne et conseil humain.
| AnnĂ©e | Nombre d’agences (estimation) | Tendance |
|---|---|---|
| 2019 | Environ 30 000 | Début de la rationalisation du réseau |
| Début 2026 | Environ 22 300 | Accélération massive des fermetures |
| Horizon 2031 (prévision) | Entre 11 000 et 12 000 | Poursuite de la digitalisation et stabilisation |
Pourquoi les banques russes ferment-elles autant d’agences ?
La raison principale est une stratĂ©gie de rĂ©duction des coĂ»ts et d’amĂ©lioration de la rentabilitĂ©. En encourageant la transition numĂ©rique vers les services en ligne, les banques optimisent leurs opĂ©rations et s’adaptent aux nouveaux usages des clients.
Est-il possible de se passer complètement d’une agence bancaire aujourd’hui en Russie ?
Non, pas entièrement. Certaines opĂ©rations critiques comme l’installation d’applications bancaires (en raison des sanctions), la souscription d’un prĂŞt immobilier, les retraits importants ou la rĂ©solution de problèmes de fraude nĂ©cessitent encore une visite en personne pour des raisons de sĂ©curitĂ© et de conformitĂ©.
Cette tendance Ă la fermeture va-t-elle continuer ?
Oui, les analystes prĂ©voient que le nombre d’agences pourrait encore diminuer de moitiĂ© dans les cinq prochaines annĂ©es. Des facteurs comme l’intelligence artificielle et le lancement du rouble numĂ©rique en 2026 devraient accĂ©lĂ©rer cette transformation digitale.
Les zones rurales seront-elles totalement dĂ©pourvues d’agences bancaires ?
Un abandon total est peu probable. La Banque Centrale insiste sur la nĂ©cessitĂ© de maintenir des points de service alternatifs dans les zones rurales oĂą l’accès Ă internet est limitĂ©. Les banques devraient conserver des agences dans les localitĂ©s oĂą la demande reste forte, Ă©voluant vers un modèle plus ciblĂ©.



